Et mes mots coulent encore en larmes épaisses et grasses.

Ils maculent la page, se répandent de mon cœur.

Si l’amer est un goût qui s’apprend, s’apprécie,

Alors tu aimeras ce qui s’épanche de moi.

La bile, l’espoir déçu d’un amour éperdu.

Ce rendez-vous manqué à la fin de l’été.

Mes mots coulent ce soir et je me noie dedans.

Pour ne pas voir tes yeux, pour ne pas voir tes lèvres,

Ne pas sentir ton corps blotti contre le mien.

Oui, mes mots coulent encore et mon cœur avec eux.

Mes mots débattent, combattent pour être délivrés

Chacun trouver sa place, alignés bien rangés

Au risque de dévoiler tout un pan de mon âme

De venir s’embraser à l’approche de tes flammes.

Je les garde captifs, au fond de moi enfouis

Me tais tant le courage a déserté l’envie.

 

À toi qui me supplies
Veux savoir qui je suis
Parler de moi ici
Je le crains, je ne puis.
J’écris sur mes émois,
Je n’écris pas sur moi
Tu aimes ce que tu lis
Et je t’en remercie
Tu veux m’écrire aussi
Mais fais-le, je t’en pris
Si tu écris « amour »
Je répondrai « toujours »
Quand tu écris « passion »
Je réponds « abandon »
Émotion authentique
Le temps de l’écriture
Je suis une romantique
Qui a eu la vie dure.


Je suis à fleur de mots
Te partager mes maux
Un besoin, un désir
Une envie, un soupir
Je suis une passionnée
Qui a peur d’effrayer
Qui veut juste être aimée
Tout en restant cachée.
Je suis à fleur de mots
Et me prends pour Rimbaud

 

 Photo by Gaelle Marcel on Unsplash