Trahi

À Camille

 

Ma chère, mon alter ego m’a laissé tomber !

Je dois le reconnaître, il m’a vraiment trahi.

Oui, ma chère, je t’assure, tout allait bien, crois-moi.

Et puis un jour, comme ça, d’un coup ça n’allait plus.

 

Il était fatigué, usé de notre vie.

Je te parle de ce jour où mon corps m’a trahi.

Bien sûr, je l’aime toujours, enfin, j’essaie, crois-moi.

Mais c’est bien difficile, vois-tu : il m’a trahi.

Il m’a fait prendre conscience de ma fragilité

Je ne suis pas fini, mais j’aurai une fin.

 

Voilà ce qu’il m’a dit. Je le savais, bien sûr.

Mais comme toi, je l’oublie, j’aurai une fin, c’est sûr.

Mais d’ici là ma chère, il faut que nous vivions

Alors je le bouscule, je fais du sport, je sors

Et lui il se défend, m’accable de fatigue

Il réclame des pauses, des moments de répit.

Et moi je ne veux pas, mais je n’ai pas le choix.

 

Que me dis-tu, ma chère, il faut que je pardonne ?

C’est mon alter ego, je lui en veux encore !

Il faudrait faire la paix, oublier la traitrise ?

Ce serait mieux, dis-tu, que je pardonne enfin ?

Que j’avance avec lui et non plus contre lui ?

Ah, je t’entends, ma chère, tu as raison sans doute.

 

D’accord, reposons-nous, reposons pour l’instant

Demain, nous reprendrons, si tu le veux mon corps

Demain, nous irons mieux, le veux-tu bien mon corps ?

Demain, nous avancerons, car tu le sais mon corps

Tu m’as trahi, et oui, mais j’ai besoin de toi.

 

Mon corps, je te pardonne et j’absous tes faiblesses

J’accepte tes limites. Je te pardonne, mon corps.

Demain, nous avancerons, à ton rythme, pas au mien.

Et nous ferons de pauses, si tu en as besoin.

Demain, mon corps, nous vivrons, tous les deux.

Encore.

 

 

 

 

Parfois au détour d'un tweet, on fait une rencontre. C'était un vendredi et Mister AKA @Mister28503740 m'a fait le plaisir de répondre à un tweet que je trouvais somme toute banal.

Il s'en ai suivie une danse, un instant éphémère que j'ai retranscrit ici :

 

Quand la fatigue m'étreint
Fait de moi sa catin...

 

Note à moi-même : Surtout ne pas lui offrir de café

 

Quand, lasse de cette journée
Je rêve de me coucher...

 

Note à moi-même : Proposer un lit, un massage et du Satie.

 

Quand un mot de sa bouche
Commande que je me touche...

 

Note à moi-même : Rester comme je suis, directif.

 

Quand, lascive, je m'étire
Et retiens un sourire...

 

Note à moi-même : Ne pas se fier à son visage fermé, en fait elle sourit.

 

Quand sa main sur ma peau
Me réveille à nouveau
Le sourire se mue
En un soupir ému...

 

Note à moi-même : Être moi-même tactile.

 

Quand ma chair il pétrit
La fatigue se replie ...

 

Note à moi-même : N'oublie jamais d'être vraiment comme toujours, ferme et douceur à la fois. #oxymore

 

Quand sa vigueur douce
Provoque en moi secousses
Quand ses mains jouent sur moi
Ah, le plaisir me noie

 

Note à moi-même : Penser à changer les draps

 

Quand la vague m'emporte
Quand elle est chaude et forte

 

Quand je ...
Quand il ...
Quand nous ...

 

Note à moi-même : Finir ses phrases par mes caresses, par son émoi et par notre plaisir.

 

Tous droits réservés aux auteurs respectifs.

 

Laissez-moi vous conter,
L’histoire d’une princesse.
Dans son cœur s’est posée
Une graine de tristesse.

Quand la graine a germé,
Ses racines invisibles
Aux yeux de tous cachée,
Une douleur indicible.

Quand les tiges ont poussé,
Elles ont atteint son âme
Et elles l’ont étouffée
Jusqu’au moment du drame.

La princesse ravagée,
Se sentant étranglée,
Renonça à la vie
Et de ce monde parti.

Attention, vos princesses
Cachent bien leurs douleurs
Pour que les départs cessent,
Parlez leur donc sans peur.

 

Hommage à Aurélie