page froissée

Il n’avait que ses mots, pour me dire son amour
Il n’avait que ses mots, pour me dire son désir
Il n’avait que des mots.

Ces mots étaient si doux, ses mots, j’aimais les lire,
Et j’écrivais mes mots, pour répondre en retour
Je n’avais que mes mots.

Nous n’avions que nos mots, et nos mots s’enlaçaient
Nous n’avions que nos mots, et nos mots s’embrasaient
Nous n’avions que nos mots.

Nous n’avions que nos mots, pour nous dire notre amour
Nous n’avions que nos mots, pour nous aimer toujours
Nous avons dit ces mots

Pourtant un jour ses mots ont changé, accusant
Pourtant un jour ses mots se sont faits accablants
Je n’aimais pas ses mots.

Alors j’ai lu les mots, ceux qui étaient si doux
Pour oublier ceux qui laissaient un drôle de gout
Oui, j’ai relu ses mots

Mais les mots acérés se sont accumulés
Des mots comme des coups ont mon âme déchirée
J’ai eu mal par ces mots

Alors j’ai répondu, avec mes mots à moi
Mes mots n’étaient plus doux, ils disaient mon émoi
Je n’avais plus de mot

Nous n’avions que nos mots, au lieu de nous aimer
Avec de simples mots, nous nous sommes déchirés
Nos mots étaient des lames

Nos mots étaient acides et transperçaient nos cœurs
Nos mots étaient tempête et nourrissaient mes pleurs
J’avais mal par ces mots

Il n’avait que ses mots
Je n’avais que mes mots
Entre-nous plus qu’un mot
Entre-nous … aucun mot.

 

Photo by Forest Simon on Unsplash

tête de femme sortant de l'eau
Tes yeux cernés de khôl se fichent dans mon âme
Ton souffle sur ma joue fait frissonner ma peau
Quand l’air du désert me réchauffe le dos
Et l’ourlet de tes lèvres appelle les baisers
Tu es si près de moi que je voudrais oser
Te prendre dans mes bras et partager ma flamme.

 

Pour toi, je renierai toutes mes étendues d’eau
Sirène, je sortirai des étangs, des ruisseaux
Pour toi, je m’exilerai sur ces terres arides
J’attendrai tes baisers comme elles espèrent la pluie
J’attendrai tes caresses dans le désert torride
Je t’offrirai ce corps dont je te sens avide.

 

 

Photo by Briona Baker on Unsplash

 

J’ai compris, mon amour, certains mots sont de trop
Ceux qui parlent de mes peurs, de mes doutes viscéraux
Je dois les partager, pour qu’ils quittent mon âme
Ils te font peur amour, oui j’ai compris le drame.

 

Mes mots transpercent ton âme et ils te font douter
Ils s’insinuent en toi et ils te font saigner.
Mais comment dire sans dire, et comment m’exprimer ?
Comment dire sans salir, comment te protéger ?

 

Mon cher et tendre amour, tu as peur de mes mots
Mais pour ma guérison, je dois dire tous mes maux.
Dire les mots du passé, ces mots qui nous font peur,
Des échos qui résonnent tellement qu’ils serrent le cœur.

 

Avec mes mots, amour, je ne veux te blesser,
Certains sont écorchés, certains sont acérés.
Ne les lis pas, amour, ils ne sont pas pour toi,
Je te dirais quoi lire, mais ne lis pas ceux-là.

 

Les mots qui parlent d’amour, ces mots-là sont pour toi.
Ceux qui parlent de désir, ces mots-là qui sont à toi.
Et dans ces mots, je t’aime, je parle de mon besoin
Je parle d’abandon, et je ne doute point.

 

Dans ces mots-là, amour, j’écris ce que je vis
Je raconte le bonheur, je parle d’aujourd’hui
Et je parle de l’envie, que toujours tu sois là
Que toujours tu m’enlaces, que je sois dans tes bras.

 

Ne retiens que ces mots, ceux qui crient mon amour.
Ceux qui parlent d’espoir, qui disent ma certitude
Car je t’aime, j’en suis sûre, je n’ai pas d’inquiétude
Je te veux, c’est certain, maintenant et toujours.

 

Ne retiens que ces mots, souviens-toi que je t’aime
Que je suis si heureuse que j’en fais des poèmes.

 

 

Photo by Ian Keefe on Unsplash