5 octobre 2020, plus tard dans la nuit

Bien, cette histoire prend un tour encore un peu plus mystérieux. À 19 h pétante, j’ai appelé le numéro que m’a donné Camille. J’avoue avoir un peu hésité juste avant de le composer. Mais je l’ai fait malgré tout.

Ça a sonné. Mon cœur battait la chamade.

Un homme a répondu : « Plomberie Bouloc, bonsoir. » J’ai balbutié un bonsoir en réponse. Il m’a demandé la raison de mon appel. J’ai dit que je voulais un devis. Il m’a demandé de préciser. J’ai hésité un peu, mais finalement, j’ai dit la phrase que Camille m’avait dictée : « Je voudrais un devis pour changer la robinetterie de ma cuisine. » Je l’ai dit d’une traite. Il y a eu un silence de l’autre côté de la ligne. Puis je l’ai entendu dire : « ah bien, bien entendu. Ne quittez pas, je vous passe la personne qui s’en occupe. »

J’ai entendu comme un cliquetis, puis, plus rien.

J’ai attendu un moment dans le silence et un peu bêtement, j’ai dit « allô ». Bien sûr, je n’ai pas eu de réponse, il m’avait mis en attente, je pense. Je me suis demandé s’il avait fait une fausse manip, s’il fallait que je rappelle. J’étais prêt à raccrocher quand j’ai entendu une voix : « Bonsoir, que puis-je pour vous ? ».

Ma voix n’était pas très assurée quand j’ai répété que je voulais un devis pour la robinetterie de ma cuisine. J’ai ajouté qu’une amie m’avait recommandé d’appeler.

La personne au bout du fil m’a demandé son nom, pour leur suivi clientèle.

J’ai dit le nom que Camille m’a donné : « Madame Pérido. » Ce n’est pas le nom de Camille, mais je suppose que c’était un mot clé.

La personne a dit quelque chose comme « très bien, très bien. » J’avais du mal à identifier s’il s’agissait d’une femme ou d’un homme. Elle a continué en me demandant si j’avais un smartphone. J’ai répondu que oui, un peu surpris par la question. Elle m’a ensuite demandé si j’avais l’application Telegram. J’ai répondu que oui, je voulais lui demander pourquoi elle voulait le savoir, mais elle m’a coupé. Elle m’a expliqué qu’ils ont automatisé leur correspondance avec leurs clients et que désormais ils passaient par Telegram dès que c’était possible. Elle m’a demandé si cela me convenait, elle m’enverrait la procédure de demande de devis par ce biais. Elle a terminé par un « êtes-vous d’accord monsieur ? »

J’ai hoché la tête, puis me rendant compte qu’elle ne pouvait pas me voir, je me suis empressé de répondre « oui, oui, je suis d’accord. »

Elle a répété : « très bien, très bien » et elle a dit qu’elle allait m’envoyer les informations nécessaires. Elle m’a dit au revoir. J’ai répondu un « au revoir » machinal, mais elle avait déjà raccroché. Je regardais mon téléphone un peu surpris quand il a vibré.

J’avais reçu un message via Telegram.

J’ai ouvert la notification et j’ai lu le message. Au fur et à mesure de ma lecture, ma stupeur est allée croissant. C’est quand je me suis laissé tomber dans le canapé que je me suis rendu compte que je m’étais levé pendant l’appel.

Tout, le message, la conversation avec l’inconnu, celle avec Camille, tout me faisait penser aux livres d’espionnages que j’affectionne.

Dans le message, on me demande de me rendre dans un restaurant, où je devrais trouver une personne avec une écharpe blanche. Je devrais lui dire une phrase et elle devra me répondre une autre phrase clé. Il s’agit de mots complètement aléatoires, je pense.

Le rendez-vous est demain.