Les poulpes

 

La nouvelle Les poulpes a été initialement écrite sous forme d’exercice d’écriture contrainte : un thème, une forme.

Les poulpophiles gay - thème Science Fantasy – forme : Histoire dont vous êtes le héros via Hangout en interaction avec L. H.

La nouvelle a été écrite initialement à la seconde personne et proposait des choix. Ces choix ont orienté l’histoire. Depuis je l’ai reprise et revue la forme pour en faire ce qu’elle est aujourd’hui.

Tina, mars 2019

 

La rencontre

Arrivé au point de rendez-vous, Marc parcourut la salle du restaurant à la recherche d’une personne avec une écharpe blanche. Quelqu’un lui tapota l’épaule. Il se retourna et se trouva face à face avec une femme.

Elle portait une écharpe blanche. Ses courts cheveux bruns encadraient un visage angélique. Un instant, il se perdit dans les yeux vert émeraude qui le regardaient. Puis il reprit ses sens et dit la phrase clé.

La femme répondit la phrase convenue. C’était bien son rendez-vous. Elle lui proposa de s’installer en terrasse du bar. Une serveuse arriva rapidement pour prendre leur commande. Une fois que la serveuse se fut éloignée, la femme commença à questionner Marc.

« D’après ce que j’ai compris, vous avez travaillé récemment avec un Kédélian ? »

« Oui. »

« Et vous avez aussi entretenu une relation... intime avec lui ? »

Marc hésita un moment, mais finit par acquiescer. La femme reprit alors :

« Je dois vous informer que les personnes qui vous suivaient font partie du gouvernement. Elles surveillent toute personne soupçonnée de vouloir passer la faille. Vous avez dû les alerter par votre comportement ou vos propos... » La femme fit une pause puis reprit :

« Si vous en avez la possibilité, seriez-vous prêt à tout abandonner pour rejoindre… votre… ami sur Kédéla ? ».

Marc regarda la femme en face de lui longuement et se décida. Il hocha la tête.
« J’ai besoin de vous l’entendre dire. » Dit-elle d’une voix sèche.
Il répondit à haute voix : « Oui. »

La femme l’observa et hésita comme si elle se demandait comment continuer. Puis elle dit : « Vous avez eu de la chance qu’ils ne vous ont pas encore interpellé. Si vous partez, c’est ce soir. Plus tard, nous ne pourrons garantir votre passage sans compromettre notre opération. »

Elle regarda Marc en silence.

Comprenant ce qu’on attendait de lui, Marc réitéra son désir de partir. Sans plus un mot, la femme sortit son téléphone de sa poche et composa un numéro.

Marc l’entendit demander à son interlocuteur : « Vous avez entendu ? » et elle continua « Très bien, très bien, oui… je lui dis. »

Elle raccrocha : « Vous partez donc ce soir. Ne tardons pas. »

Surpris, Marc demanda : « mais il faut peut-être que je prenne quelques affaires ? »

« Non, ce n’est pas nécessaire. Vous aurez tout ce dont vous aurez besoin une fois la faille traversée. » La femme fit une pause et ajouta « Au fait, je m’appelle Lilas, allons-y maintenant. » Elle jeta quelques billets sur la table et se leva. Marc en fit autant et la suivit.

« Heu, je prends ma voiture ? » demanda-t-il dans le dos de Lilas. Elle s’arrêta et lui fit face. « Ce n’est pas nécessaire, venez avec moi, quelqu’un s’occupera de votre voiture. »

Elle se remit à marcher et Marc la suivit jusqu’à une fourgonnette. Elle ouvrit la porte latérale et lui fit signe de monter. Marc la regarda puis regarda dans la fourgonnette. Il y avait deux hommes. Ils tournaient vers lui un visage avenant. Un des hommes dit d’un ton affable : « Alors, prêt pour un grand voyage ? ».

« Heu, oui, je suppose. » Marc monta dans la fourgonnette et s’installa sur une des places libres. Lilas ferma la porte et monta à l’avant, à côté du chauffeur. « On y va. » dit-elle. Puis elle se retourna vers Marc : « je vais tirer le rideau, il vaut mieux pour votre sécurité que vous ne sachiez pas où nous allons. »

Lilas tira un rideau. Marc se retrouva isolé du monde extérieur en compagnie des deux inconnus, à arrière d’une fourgonnette. Il recommença à former quelques doutes sur la sagesse de sa décision.

Sentant son malaise, un des hommes s’adressa à lui d’un ton qui se voulait rassurant : « Ne vous inquiétez pas, c’est la procédure standard. » Puis, se désignant « Je suis Jeff, et lui, là, c’est Thibault. Nous sommes là pour assurer votre protection au cas où ces intégristes viendraient à s’en prendre à vous. »

« Ah... moi, c’est Marc. Merci. »

« De rien mec, de rien. »

Marc sortit son calepin de sa poche.